Comment réduire son empreinte carbone ?

Qu'est-ce que l'empreinte carbone ?

Les gaz à effet de serre (GES) se composent de différents éléments chimiques, dont notamment le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d'azote (N2O). Ceux-ci, par leur présence dans l’air, emprisonnent la chaleur dans l'atmosphère, et compliquent le refroidissement de la terre et des océans. Directement responsables du réchauffement climatique, l’échelle d’émission de ces gaz se caractérise par un indicateur ou indice, appelé l'empreinte carbone.

Cette mesure comptabilise la quantité totale de gaz à effet de serre émis directement ou indirectement par les activités humaines, après que les GES aient été libérés dans l’atmosphère par la combustion d’énergies fossiles comme le pétrole, le gaz, ou le charbon.

Calculée en tonnes d'équivalent CO2 (tCO2e), l’empreinte carbone prend en compte les diverses sources de pollution que sont les transports, la production d'énergie, la création de biens, ou encore l'agriculture, et à travers elle l’alimentation.

Comment calculer son empreinte carbone personnelle ?

Le nombre de biens et de services auxquels on fait appel au quotidien et dont la production dépend des énergies fossiles est conséquent. Aussi, si mesurer son empreinte carbone personnelle peut paraître complexe, des outils sont heureusement là pour nous y aider. 

Ceux-ci proposent d'établir une moyenne en s’appuyant sur le calcul de la consommation énergétique de nos logements, sur les émissions de nos alternatives alimentaires, sur celles de la production de nos biens et services, ainsi que sur celles de nos modes de déplacement pour nos trajets du quotidien et nos longs trajets.

Ces calculateurs reposent sur des questionnaires détaillés, qui permettent ensuite de comparer les résultats obtenus aux moyennes nationales ou mondiales mesurées, afin de mieux situer son empreinte carbone, et déterminer quelles actions spécifiques peuvent être réalisées pour réduire son impact environnemental.

Entre autres, le calculateur myco2emission.com de Carbone 4, permet d’obtenir facilement un indice d'émissions CO2 fiable et précis.

Quelle est l’empreinte carbone moyenne d’un français ?

Selon les relevés et l’étude partagée par l’agence de conseil en stratégie bas carbone et d’adaptation au dérèglement climatique Carbone4, l’empreinte carbone des Français en 2021 s’élevait à une moyenne de 9,9 tonnes d’équivalent CO² par personne et par an. 

A titre de comparaison, l’empreinte carbone moyenne à l’échelle mondiale est d’environ 6 tonnes par habitant, aux alentours de 2,3 tonnes pour une personne vivant en Inde, et de 22,5 tonnes annuelles pour une personne résidant aux Etats-Unis. L’empreinte carbone moyenne européenne avoisine quant à elle les 11 tonnes par habitant. Elle est notamment supérieure à celle d’un citoyen français du fait que les émissions de CO2 résultant de la consommation électrique varient en fonction des types d’installations de productions électriques de chaque pays (on parle alors du mix énergétique d’un pays). La France produisant essentiellement son électricité grâce à des centrales nucléaires, ses émissions de carbone sont diminuées face à celles de pays ayant recours à l’utilisation de centrales à gaz ou au charbon.

Quels sont les principaux contributeurs à mon empreinte carbone individuelle ?

Notre empreinte carbone individuelle est influencée par différents facteurs, chacun ayant un impact plus ou moins significatif sur nos émissions totales de GES en fonction de notre style de vie. 

Identifions ici quels sont les principaux contributeurs à notre facture carbone personnelle pour mieux cerner comment réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Les moyens de transports et de déplacements.

Les moyens de transports représentent la première source d'émission de carbone dans la moyenne nationale des français, avec une moyenne atteignant les 2700 kg CO²eq/personne estimés en 2021 selon les études de l’agence Carbone 4.

Cela est principalement dû au parc de voitures, notamment aux véhicules à moteur thermique roulant à l'essence ou au diesel ; voitures qui à elles seules, représentent plus des ¾ des émissions de carbone liées aux transports, et représentent la plus haute source d'émissions de carbone tous secteurs confondus avec 2100 kg de CO² par an par personne. 

Le dernier quart des émissions dues aux transports est majoritairement imputable aux avions (420 kg), puis aux autres modes de transports (trains, bus, vélos…)

L’alimentation.

Ce que nous mangeons et nos habitudes alimentaires propres jouent un rôle central dans nos émissions de CO², puisque lissées sur l’année, celles-ci ne représentent pas moins de 2450 kg de CO²eq/personne, ce qui en fait en moyenne le 2ème curseur le plus émissif après celui des transports.

Dans cette moyenne, plus de la moitié des émissions sont liées à l’alimentation d’origine animale, et le reste se partage entre le secteur des boissons, les diverses autres cultures (fruitières, céréalières, etc) et les transports dont elles ont besoin.

La facture énergétique.

La consommation d'énergie reste l'un des principaux contributeurs à notre empreinte carbone, et bien que le type de centrales produisant l’électricité qui alimente les foyers ne dépende pas d’un choix individuel (exemple le mix énergétique de l’Allemagne repose principalement sur la production d’électricité au charbon, et celui de la France sur de l’énergie nucléaire), d’autres choix personnels ont un impact direct sur notre facture écologique et nos émissions de GES personnelles. Ainsi, le fait d’utiliser du gaz ou des appareils électriques pour chauffer sa maison ou cuire ses aliments, d’installer ou non une climatisation, d’éclairer plus ou moins son foyer, ou d’utiliser à plus ou moins grande échelle des appareils électroménagers, restent des leviers avec lesquels chacun peut jouer pour baisser son empreinte CO2.

L’achat de biens et de services.

La consommation de biens matériels comme les vêtements, l’électronique, ou celle de services, comme les loisirs qui demandent l’activation de machines fonctionnant grâce à des énergies fossiles, représentent le quatrième facteur de nos émissions de carbone individuelles.

Les dépenses publiques.

Cinquième et dernier facteur à prendre en compte, les services de dépenses publiques comme la santé, la défense ou l’enseignement, font partie intégrante du calcul de notre empreinte carbone individuelle.

Néanmoins, ceux-ci sont moins maîtrisables et dépendent moins de notre volonté de consommation personnelle, puisqu’ils sont pour la plupart des services mis en place par l’État, dans l’intérêt général des citoyens.

Quels sont les avantages d’une consommation à faible empreinte carbone ?

Le réchauffement climatique entraîne de lourdes modifications sur la planète et les écosystèmes, d'où l'emploi du terme dérèglement climatique. Parmi celles-ci, on trouve l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les tempêtes, les inondations, les sécheresses, les méga feux, les vagues de chaleur extrêmes, l’élévation du niveau des mers, l’acidification des océans, la perturbation des cycles hydrologiques, la désertification des sols, ou encore le dérèglement des saisons et des cycles naturels.

Ces phénomènes extraordinaires, dont l’apparition est de plus en plus fréquente, ont des conséquences pour les espèces vivantes animales et végétales comme sur les populations humaines. Menace de la sécurité alimentaire, apparition de nouvelles maladies et problèmes sanitaires, migrations et déplacements de populations, et au-delà d’un certain seuil de températures, espérance de vie réduite des individus fragiles et mise en péril de la biodiversité.

D’un point de vue économique, le dérèglement climatique entraîne des dégâts matériels appelant des dépenses significatives. Il amène également des difficultés d’approvisionnement des denrées, la fragilisation des différents secteurs économiques et industriels, et la montée de la pauvreté.

Pour toutes ces raisons, réduire son empreinte carbone en optant pour un mode de vie plus sobre et éco responsable, aide à faire reculer ces menaces. 

Cela a également comme bénéfice de permettre de vivre de manière plus saine et équilibrée, hors d’un modèle de consommation trop exacerbé. Enfin, en plus de préserver les ressources naturelles, avoir une consommation bas carbone participe à soutenir des démarches et entreprises éthiques, à l’image de notre marque de chaussures vegan, éco responsable et produite localement en Europe.

Quels gestes adopter pour baisser son empreinte carbone ?

Produire de manière maîtrisée et durable.

La réduction de l’impact carbone ne se résume pas au fait de mieux consommer, mais également de mieux produire. Aussi, cela demande que les industries, les entreprises, et à travers elles, les dirigeants d’entreprises écoutent les besoins environnementaux et adaptent leur charte de production à ceux-ci. 

Cela implique d'utiliser des matières écologiques, recyclées, des techniques novatrices et des technologies propres, ainsi que de s’orienter vers des fournisseurs et partenaires de production locaux. Cela peut également passer par des procédés reposant sur l’économie circulaire, et si possible, sur l’utilisation d'énergies renouvelables.

Se déplacer grâce à des moyens de transports bas carbone.

Adopter des modes de transport plus durables, le vélo, les transports en commun ou encore la marche pour les trajets du quotidien au détriment des trajets en voiture individuelle, réduit significativement l'empreinte carbone liée aux déplacements. 

Lorsque l'utilisation de la voiture est inévitable, le covoiturage ou l'adoption de véhicules électriques ou hybrides peut significativement réduire les émissions, bien que ceux-ci restent à l’origine de foyers de pollutions importants ; plus encore si le véhicule pèse lourd.

Enfin, comme mentionné dans notre article Voyager Écolo, réduire ses déplacements en avion en voyageant différemment, en optant pour des destinations locales ou régionales, accessibles en train ou en bus, aide à réduire sa facture carbone de manière conséquente.

Manger végétarien, local, bio et de saison.

L’alimentation basée sur les produits carnés et les produits laitiers représente plus de la moitié des émissions de CO2 liées à l’empreinte carbone alimentaire française. Réduire la consommation de ce type de produits en privilégiant les options végétales - qui forment la base des régimes végétarien et végétalien par exemple - participe à réduire les émissions de carbone liées aux élevages. Celles-ci sont qui plus est moins délétères pour l’environnement, aident à soutenir le bien-être animal, et sont globalement meilleures pour la santé humaine car moins riches en acides gras.

Enfin, en plus de manger équilibré, manger local, bio et de saison, aide à réduire plus encore sa facture environnementale.

Réduire sa consommation d’énergie.

Baisser le chauffage et éviter de chauffer inutilement des pièces inhabitées, réserver la climatisation aux personnes de santé fragile, adopter des pratiques éco-friendly comme améliorer l'efficacité énergétique et thermique de son logement peut faire une différence notable sur sa facture énergétique. De même, utiliser des appareils électroménagers à faible consommation, et adopter des gestes simples comme la mise en veille des appareils ou éteindre les lumières lorsqu'on quitte une pièce participe de la même manière à réduire son empreinte environnementale.

Acheter moins mais mieux.

L'une des clés pour réduire son empreinte carbone réside dans le fait de modifier ses comportements d’achat pour tendre vers un mode de consommation potentiellement plus sobre et résilient. Bien sûr, cela ne veut pas dire se priver de se réserver de petits plaisirs occasionnels et spontanés, mais plutôt de repenser sa manière de consommer d’une façon globale, dans l’optique d’acheter utile, en ajustant ses habitudes pour gommer les achats superflus. 

Cela se caractérise par exemple par le fait d’acheter moins d’appareils électroniques gourmands en métaux, réduire l’achat de nouveaux véhicules, espacer les renouvellements de sa garde robe et choisir des vêtements de qualité, issus de la mode durable et d’une fabrication vegan, made in Europe ou mieux, made in France.

Ceci implique aussi le fait d’orienter ses achats vers des solutions conçues selon une démarche éco responsable et dans un cadre éthique, qui tient compte à la fois des émissions de carbone dues aux transports, mais également à l'approvisionnement et l’utilisation de matières écologiques, potentiellement recyclées, et si possible également recyclables.

Opter pour des articles durables et réparables, se renseigner sur les alternatives de seconde main, réduire, trier et recycler ses déchets, sont autant de leviers actionnables pour réduire son empreinte carbone, baisser la pollution, et participer à l’édification d’un modèle de société plus en accord avec la sauvegarde de la planète et des espèces animales.

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